Se motiver : comment ça fonctionne ?
Par Jean-François MICHEL
Site: www.apprendreaapprendre.com

Comment s’auto-motiver ? Est-ce que tout le monde répond à un même schéma de motivation ? Quelles applications pour l’école ?
Rien de plus simple de se motiver quand quelque chose nous plait. Mais il y a forcement des moments où il y ra des tâches à accomplir dont on se passerait bien ! C’est surtout le cas lorsque l’on est en formation ou à l’école: il y aura toujours une matière que l’on apprécie pas, des devoirs que l’on aimerait pas faire. Enfin que dire des périodes de révision avant les examens ? Dans ces cas là savoir se motiver, autrement dit, s’auto-motiver devient un atout, un facteur de réussite clef ! Alors comment s’y prendre ?
• La motivation par l’anxiété
Il y a d’abord un schéma de motivation basé sur l’anxiété. En d’autres termes, c’est la peur d’un événement futur (à éviter) qui est l’élément déclencheur de l’action (se mettre au travail): cela peut être la peur de rater un examen, la peur d’avoir une mauvaise note. Dans ce cas précis, la motivation se déclenche dans un processus de surenchère : le sentiment désagréable (douleur) de ce qui pourrait arriver si les choses ne sont pas faites (devoir, révisions etc.) est supérieur au désagrément de faire la tâche en question.
Bref, c’est ce qui provoque le sentiment de douleur le plus fort (ici entre rater un examen et faire une chose que l’on aime pas) qui l’emporte. C’est souvent l’évitement de l’échec en quelque sorte, qui est l’élément de motivation. D’où souvent l’intérêt, pour obtenir un changement de comportement, de dramatiser les choses. C’est ce que font, plus ou moins inconsciemment, les enseignants, les parents pour mettre au travail leurs élèves ou leurs enfants.
• Chacun a son propre schéma de motivation
Mais attention ! Tout le monde n’a pas un schéma de motivation basé sur l’anxiété : brandir le spectre de la catastrophe, pour motiver quelqu’un, ne marche pas à tous les coups et peut avoir même un effet contraire à celui recherché et mener à une forme de paralysie dans l’action. Pourquoi ? Par ce que chez d’autres individus la motivation fonctionne autrement. Bref, chacun a plus ou moins son propre schéma de motivation.
• Les 7 profils d’apprentissage
Comment faire pour repérer les personnes dont la motivation répond au schéma de l’anxiété ? Ici, l’utilisation des 7 profils d’apprentissage s’avère particulièrement utile, plus particulièrement si on considère, dans ce cas précis, les profils d’identité. Par exemple, les personnes d’un profil « dynamique » répondent très souvent à ce schéma de motivation par l’anxiété (par la peur de l’échec ou la peur de ne pas être premier pour ceux qui ont un esprit de compétition particulièrement aiguisé).
Si les personnes d’un profil d’identité « perfectionniste » fonctionnent sur ce même schéma de motivation, l’origine de l’anxiété est un peu différente : ils seront motivés à faire des efforts, outre pour éviter un échec mais surtout pour ne pas subir les critiques des autres d’autant plus s’il s’agit de critiques qui proviennent des parents ou des professeurs.
• La motivation par l’attente d’un sentiment agréable
Il y existe un schéma de motivation qui fonctionne de manière opposée à celui que nous venons de voir. Ici c’est la perspective d’un sentiment agréable, et non plus la peur, qui est motivant. Ce n’est pas forcement l’éventualité d’avoir une bonne note, de réussir un examen mais tout simplement le sentiment agréable d’avoir achevé la tâche, de l’avoir faite d’autant plus si celle-ci est repoussante. Les personnes qui fonctionnent ainsi déclarent généralement «ce n’est pas agréable de faire telle chose, mais on se sent tellement bien une fois qu’elle est terminée et réglée » !
Mais que ce passe t-il lorsque la tâche est longue, comme par exemple la rédaction d’un mémoire de fin d’étude ? Car la perspective de finir le mémoire est assez éloignée dans le temps. Si le fait de le visualiser fini peut faciliter la mise au travail n’y a t-il pas le risque d’avoir à un moment donné une panne sèche si on en voit pas le bout ? Exacte !. La motivation chez ces personnes obéit à un processus de découpage: inconsciemment ce n’est pas seulement la perspective de finir le travail qui donne un sentiment agréable mais plutôt d’en finir, un morceau. Si on reste toujours dans notre exemple de la rédaction d’un mémoire, c’est le fait de réunir les informations nécessaires au commencement de la rédaction, de finir le plan, un chapitre, qui procure cette satisfaction d’avoir achevé quelque chose et qui pousse à continuer. Plus on se rapproche de la fin plus c’est motivant.
• Quels autres schémas d’auto-motivation ?
Existe t-il d’autre schéma de motivation que les deux que nous venons d’exposer ? Oui mais ils sont plus subtils à savoir qu’ils combinent l’anxiété et le sentiment agréable. Par exemple chez certaines personnes c’est l’anxiété qui pousse à se mettre au travail. Ensuite c’est le sentiment agréable de finir une tâche ou une partie du travail qui reprend le relais de la motivation.
Cela montre donc bien que finalement chacun à sa manière propre de s’auto-motiver en intégrant soit un schéma basé sur l’anxiété soit sur le plaisir ou encore avec une combinaison des deux formes.
Partie 2
Se motiver : comment ça fonctionne ?
Comment comprendre et découvrir le fonctionnement de sa motivation ?
Alors comment découvrir sa stratégie d’auto-motivation ? Est-elle basée sur l’anxiété ? Sur le plaisir ? Ou est-elle une combinaison des deux ? Même si cela peut paraître complexe au premier abord, connaître sa stratégie de motivation est relativement facile. Voici quelques étapes à respecter :
• Etape 1 – Se remémorer un moment où la motivation était forte
Il faut d’abord de se remémorer un moment où il fallait faire une tâche, une chose pas forcement agréable mais que l’on a, malgré tout, réussit à faire. Attention, il ne s’agit pas ici de trouver les éléments extérieurs qui nous motivent, qui nous fond plaisir. Dans ce cas là réponse serait simple : les vacances , les moments passés devant la TV ou une console de jeu. L’objectif ici est de trouver comment on a réussit à se motiver pour faire quelque chose de désagréable (comme apprendre une leçon pour un devoir, etc.).
Donc posez-vous la question suivante : « quels sont les moments où j’ai particulièrement réussit à me motiver pour faire quelque chose que je n’aime pas faire ? »
Bien sûr, il se peut que la réponse ne vous vienne pas rapidement à l’esprit. Dans ce cas là laissez-vous un peu de temps. Posez-vous la question sans forcement rechercher une réponse immédiate. Votre inconscient fera le travail au cours de la journée.
• Etape 2 Analyser et décortiquer le «comment j’ai fait ?»
Une fois le ou les moments précis identifiés, la deuxième étape consiste à analyser comment on s’y est pris.
Pour retrouver le processus il suffit de se poser les questions suivantes :
Qu’est-ce qui m’a poussé à commencer à faire cette tâche ? Est-ce que cela a été :
- la peur des conséquences si les choses ne sont pas faites ?
- le plaisir de savoir que l’on se sentira mieux une fois que c’est fini ?
- Est-ce quelque chose que j’ai mentalement vue, entendue ou ressentie ?
Quelles sont les éléments qui m’ont permis de continuer à faire cette tâche et de ne pas m’arrêter en chemin ? Les mêmes questions reviennent
- la peur des conséquences si les choses ne sont pas faites ?
- le plaisir de savoir que l’on se sentira mieux une fois que c’est fini ?
- Est-ce quelque chose que j’ai mentalement vue, entendue ou ressentie ?
• Condition de l’exercice
Si vous n’arrivez pas à trouver les réponses immédiatement cela est tout à fait normal car ce n’est pas un exercice d’habituel. Prenez le temps de laisser votre esprit trouver la réponse exacte. N’hésitez pas à laisser du temps. Si au niveau de la concentration l’exercice vous paraît difficile, « hachez », « coupez » l’exercice en petit morceau qui demande un temps plus réduit.
Par exemple le premier jour répondez qu’à la question de la première étape « Qu’est-ce qui m’a poussé à commencer à faire cette tâche ? » Vous reprendrez la suite un autre jour. La réussite de tout exercice impose un état d’esprit favorable. Evitez de le faire si vous êtes fatigués par une journée de travail ou de cours.
• Utiliser les 7 profils d’apprentissage
Pour vous aider vous pouvez également utiliser les profils d’identité des 7 profils d’apprentissage. Bien entendu la première chose à connaître est votre profil d’identité. Pour cela reportez-vous aux résultats du test en ligne.

En résumé voici, pour chaque profil d’identité les tendances de motivation
Profil d’identité
1. Le dynamique – peur de l’échec
2. Le perfectionniste – peur d’être critiqué
3. L’enthousiaste – peur de la punition (être privé de liberté).
4. L’aimable – plaisir de faire les choses. Mais peur de décevoir ou de générer du conflit.
5. Le rebelle – plaisir mais peur de paraître faible ou vulnérable vis à vis des autres.
6. L’intellectuel – plaisir et peur de ne pas en savoir assez.
7. L’émotionnel – plaisir et peur d’être exclu ou abandonné ! par les autres.
• Reproduire le même schéma
Une fois que vous avez identifié avec précision votre stratégie d’auto-motivation, vous pourrez ensuite la reprendre (il n’est pas exclu que vous découvriez d’autres éléments importants à prendre en compte) pour faire le travail que vous n’aimez pas particulièrement faire : apprendre une leçon, faire un devoir, rédiger un mémoire, préparer une présentation orale etc.
Plus vous prendrez l’habitude de refaire, de reproduire votre schéma de motivation plus il sera facile de vous motiver pour une tâche rebutante au premier abord.. Savoir décrypter son schéma de motivation est un excellent moyen de se connaître et procure un avantage décisif dans les études et le milieu professionnel. Car insistons encore une fois : on ne pourra jamais trouver une situation, une tâche, un travail à effectuer, qui nous plaise à 100%. Fournir un effort régulier en toute circonstance est la clef de la réussite.
• Nous avons tous un schéma différent
Nous avons tous notre propre schéma d’auto-motivation. C’est pour cela que ce qui efficace pour nous même ne l’est pas obligatoirement pour les autres. Cette prise de conscience est importante pour les professionnels de l’enseignement et la formation. Car l’erreur commune est de penser que la façon dont on se motive (en tant que formateur ou enseignant) fonctionne de la même manière pour les élèves. Cela peut paraître évident à comprendre et pourtant, par habitude, par réflexe conditionné, cette erreur se produit bien souvent dans la pratique. Cette remarque est également vraie chez les parents vis à vis de leurs enfants.
Par Jean-François MICHEL
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